Le jour où j’ai compris…

novembre 20, 2018 10 Par lejourou

… Que j’avais besoin d’aide

En lisant cet article sur la dépression du postpartum , je suis profondément convaincue d’avoir fait le bon choix en commençant une thérapie avant que je sache même que j’allais tomber enceinte de mon second enfant. Mon statut de mère tout nouveau de notre aîné est venu tout remettre en question : j’ai eu cette désagréable sensation de ne plus trouver ma place dans la société. Et tout ça aurait pu me mener vers le suicide. 

Très jeune (je devais avoir 5 ans la première fois) j’ai pensé à la mort: j’ai longtemps cru qu’elle pourrait me délivrer de toutes les souffrances que je vivais. Dès que je ne voyais plus de solution aux choses difficiles auxquelles j’étais confrontée, je pensais à la manière dont je voulais mourir. Me pendre, me jeter sous un train, m’étouffer, m’ouvrir les veines, me jeter du 10e étage… j’étais habitée par cette pensée. Et puis un jour, ce ne fut plus juste des pensées qui m’ont envahie. « L’acte » est arrivé. A 16 ans, puis à 20 ans.

Souvent les gens disent que c’était un « un appel au secours, que tu ne voulais pas vraiment mourir « ( évidemment parce que tu t’es ratée etc). Mais lorsqu’on n’a jamais connu la dépression, je crois que c’est difficile de comprendre ce qu’une personne dépressive traverse. La tentative de suicide n’est pas juste pour sonner la sonnette d’alarme, c’est vraiment parce que le désespoir s’est emparé de la personne.

Je me souviens avoir pleuré en me réveillant parce que j’avais raté mon coup « Hé merde, (t’es encore en vie, t’as encore foiré. » J’ai failli m’en sortir par moi-même quelques années plus tard: je me suis installée à l’étranger pendant un temps. Et pendant un temps, l’odeur de la mort s’est évaporée… Pour revenir me charmer, aux premières épreuves de ma vie d’adulte.

Et pourtant un dimanche ma vie a pris un virage à 180 degrés en prenant la meilleure décision de ma vie: j’ai dit F**** à toutes mes pensées qui m’enfonçaient. Ce jour-là j’ai compris que je ne pouvais pas y arriver toute seule et j’ai prié pour la première fois sincèrement. Moi athée jusqu’alors très vindicative et virulente, j’ai décidé de suivre celui qu’on appelle Jésus. (J’en avais entendu parler durant mon enfance, mon adolescence, mais j’étais loin d’imaginer qui  Il est vraiment). Je ne souhaite pas tout décrire ici mais ce fut le début d’une vraie libération au fur et à mesure que j’ai appris à le connaître. Il m’a sauvée la vie dans tous les sens du terme.

Ça ne m’a pas empêché d’avoir des épreuves, des hauts et des bas, qui m’ont façonnée, moi, mais aussi ma foi. Dépressive un jour, dépressive toujours. Mais comme les Alcooliques Anonymes, tu peux contrôler tes pensées et les empêcher de te tirer vers le bas. A force, j’ai appris à discerner ce qu’on appelle ces contre-vérités qui te font plonger dans les abîmes, de l’enfer. Car oui la dépression c’est l’enfer sur terre.

Jusqu’à l’automne dernier, je n’ai plus jamais eu des pensées suicidaires. Thanks God ! Mon cheminement avec Dieu m’a d’ailleurs grandement aidée. J’ai vécu des vraies guérisons, de blessures réelles de la vie qui m’avait cassée.

Et puis le bouleversement d’être maman a chamboulé beaucoup de choses. Beaucoup de choses enfouies sont remontées à la surface comme si elles avaient attendu le signal de la maternité pour se décrocher de mon inconscient vers ma conscience.  Quand j’ai senti les pensées morbides me reprendre, j’ai pris les devants car aujourd’hui je suis mariée et maman… j’ai consulté une psychologue clinicienne. Elle m’aide à faire face aux blessures plus profondes, bien enfouies mais bien là qui ont rejailli lors de ma maternité. J’avais soit le choix de faire semblant de ne rien voir et de courir le risque d’affecter ma famille ou au contraire, de me prendre en charge afin que mon entourage, en soit au bénéfice.

L’article du postpartum parle de dépression, qui peut mener au suicide, parle également de ce « sentiment d’être loin de Dieu ». Cela fera l’objet d’un autre article, mais c’est exactement ce qui m’est arrivé. J’ai quand même l’impression que c’est tabou d’en parler ou difficile d’aborder le sujet.

J’ai eu la chance de me marier avec un mari aimant et équilibré qui n’abuse pas de mes émotions. Nous avons deux beaux enfants, des défis au quotidien, certes mais ça vaut tellement le coup de vivre cette aventure familiale. Merci Seigneur de m’avoir tendue la main, il y a un 16 Novembre 2003. C’est le jour où je suis devenue chrétienne.