le jour où le confinement devient vital

avril 20, 2020 0 Par lejourou

Presque tous les jours à 20h, avec mes deux enfants âgés de 4,5 ans et 21 mois, on applaudit à nos fenêtres. Mon fils est le premier à crier: « merci les médecins, merci les infirmières, merci les policiers, merci les pompiers! » Sans doute parce qu’il les a côtoyés de près, il sait qu’au fond les « soigneurs » comme ils les appellent sont des personnes précieuses aujourd’hui plus que jamais. Elles nous sauvent la vie, mais nous aussi, nous pouvons sauver des vies, en restant chez soi.

En plein confinement, nous sommes une famille de quatre personnes habitant dans notre château de 52m2. Je dis château parce qu’être en quarantaine à plusieurs on connaît. Malgré les circonstances, les enfants ne se plaignent pas de ne pas sortir et continuent de jouer, de s’amuser comme des frère et soeur de leur âge. Il y a bien quelques larmes et quelques crises mais je suis reconnaissante que; dans l’ensemble après 5 semaines, nous sommes toujours vivants et heureux.

Depuis le début de l’épidémie, nous avons pris le sujet très au sérieux car nous nous devons d’être vigilants. Notre fils est ce que l’on appelle immunodéprimé, ce qui signifie que son système immunitaire est déficient. Chaque jour, il prend des médicaments pour que son foie transplanté lui permette de continuer à vivre. Cela s’appelle des anti-rejets. Il fait donc partie des personnes à risques, s’il était touché par le virus.

Alors quel est le lien avec le confinement me direz-vous? Eh bien tout: les gestes barrières, le personnel soignant, l’importance de rester chez soi. Ces mesures on nous les avait déjà imposées il y a deux ans et demi quand on a franchi les portes de la réa au Kremlin-Bicêtre.

Une fois le petit transplanté, on a vécu dans une chambre de réa pendant presque deux semaines, puis en chir et enfin en hépathologie, le service qui s’occupe des maladies du foie. Finalement, on est resté quasiment enfermé presque 2 mois à quelques jours près. Nous étions maximum 3 dans une chambre d’hôpital, avec un enfant qui n’avait pas le droit de sortir. Et s’il devait aller faire des examens c’était toujours masqué pour traverser les couloirs de l’hôpital. Quant à nous, nous étions habillés de la tête au pied les deux premières semaines, bonnet, charlotte, blouse et sur-chaussures.

Ces précautions étaient très contraignantes et même lorsque nous sommes rentrés à la maison, nous avons du vivre cloisonner avec des masques, du gel à portée de main et on ne pouvait pas recevoir de visites mise-à-part les grands-parents qui n’avaient pas le droit d’embrasser leur petit-fils. Mais c’est ce qui a évité à notre fils d’attraper une infection.

Durant ces 5 dernières semaines, il m’est arrivé de craquer, de pleurer, d’être frustrée, mais au final, je suis plutôt heureuse de ce confinement même si je le trouve long, car il protège mes enfants, dont un fragile. Bien avant qu’il n’y ait plus d’école, j’avais remarqué une petite toux, rien de grave chez mes deux petits coeurs. La toux de la choupette a disparu au bout de quelques jours tandis que chouchou, mon grand lui tousse toujours un peu. Alors quand je lui ai montré des vidéos où on explique aux enfants le COVID 19, je peux vous dire qu’il a préféré ne plus sortir prétextant qu’il toussait et lors des sorties, nous sommes automatiquement tous les 4 masqués. Les enfants ont compris l’importance du masque.

On dit que la France et les autres pays auront vécu un avant et un après confinement, ben c’est un peu comme nous, il y a eu un avant et un après transplantation. C’est peut-être ce qui m’aide à mieux comprendre ce qui se passe dans les hôpitaux, et l’importance de rester chez soi. Avant qu’on n’ait vécu une telle épreuve, on ne se rend compte de rien… Après on réfléchit à deux fois car la vie ne tient qu’à un fil.

Evidemment je redoute le déconfinement, parce que tout le monde va se sauter dans les bras, et comme dirait une amie, « se rouler une pelle même s’ils ne se connaissaient pas avant ». Vous rigolez, mais vous verrez!!!

Le jour où vous sortirez pour retrouver une vie normale, pensez aux autres, pensez à vous, protégez-nous.

Que ferez-vous, vous?

2Mes frères et mes sœurs chrétiens, quand vous rencontrez des difficultés de toutes sortes, soyez très heureux. 3Vous le savez, si votre foi reste solide dans les difficultés, celles-ci vous rendent plus résistants. 4Il faut que vous résistiez jusqu’au bout, alors vous serez vraiment parfaits et vous ne manquerez de rien. (La Bible, Jacques 1:2-4)